Vous  ne supportez plus votre patron ? Votre soif de liberté et d’indépendance se fait de plus en plus pressante ? Vous envisagez de devenir freelance ou de vous lancer à votre compte ? Vous êtes au bon endroit !

Gestion de l’administratif, des clients ou de ses propres émotions, être freelance c’est repenser totalement sa façon de travailler. Ne plus subir de hiérarchie, mais en contrepartie se responsabiliser sur de nombreux plans qui échappent au travailleur salarié.

Une envie qui est partagée par de nombreux aspirants entrepreneurs, puisque 52% des actifs estiment que se lancer à son compte est le choix de carrière le plus intéressant. Et chez Equilibre Digital, on ne peut qu’être d’accord !

Indépendants: des profils très divers

Pour vous aider à faire votre choix, et oser vous lancer avec une vision d’ensemble, Equilibre Digital est allé recueillir différents témoignages de ceux qui se sont lancés dans la grande aventure du freelancing.

Nous avons donc sélectionné 3 entrepreneurs aux profils très différents.

Ferdinand, 27 ans, est un jeune développeur web qui s’est lancé dans l’aventure freelance depuis moins d’un an.

Hela, 60 ans, est une architecte chevronnée qui exerce à son compte en tant que profession libérale depuis plus de 30 ans.

Tom, 45 ans, est consultant pour des organisations internationales. Il exerce cette activité depuis 10 ans.

Leurs réponses vous en diront un peu plus sur la réalité des travailleurs indépendants.

ED : Qu’est-ce qui t’a décidé à travailler à ton compte ?

Ferdinand : En tant que développeur web, j’avais envie de choisir mes clients et mes missions. Je suis également musicien et je me suis dit que je pourrais ainsi mieux équilibrer ma passion artistique et ma vie professionnelle. Travailler 6 mois puis partir 6 mois en tournée par exemple.

Tom : L’indépendance et la flexibilité de travail

Hela : J’avais un grand besoin d’indépendance. Je n’aimais pas avoir un patron, des horaires. Dès que j’ai eu assez d’expérience, j’ai quitté le cabinet dans lequel je travaillais pour me mettre à mon compte. C’était une évidence par rapport à ma personnalité.

Avantages de travailler à son compte

ED : Quels sont les avantages par rapport à la vie de salarié?

Ferdinand : En tant que salarié, ton patron t’impose tes missions et tes clients, et même si le job t’ennuie tu ne peux pas refuser. Il y a aussi un aspect financier car le TJM (Taux Journalier Moyen) que je facture est beaucoup plus élevé que quand j’étais salarié. Sur ce TJM je dois enlever l’URSAFF (taxé à 12 % la première année). Mais avec les charges je gagne un meilleur salaire qu’en tant qu’employé.

Tom : Une meilleure rémunération, pas d’horaire de travail imposé, pas de hiérarchie classique.

Hela : Je déteste la routine. Et travailler à son compte m’offre la liberté à laquelle j’aspire.

En tant qu’architecte, tu es souvent plus prise au sérieux quand tu exerces à ton compte car les clients t’ont choisi toi. Tandis qu’en cabinet, ils te prennent plus pour un exécutant et ont tendance à demander l’avis du boss.

Tu es aussi mieux payée quand tu travailles à ton compte au taux horaire, mais tes revenus tombent de manière irrégulière, au grès des projets.

ED : Quels sont les inconvénients par rapport à la vie de salarié ?

Ferdinand : Si je n’ai pas de mission, je ne suis pas payé. Tandis qu’un salarié, même sans mission, continue de percevoir un salaire. Il faut donc faire attention à la gestion de son argent. D’autant plus que les entreprises clientes ont un délai légal de 45 jours fin du mois pour me payer en tant que micro entreprise. Ce qui signifie en pratique, que je suis quasiment payé 2 mois après l’exécution du travail. Le salaire est donc décalé, et il faut le prendre en compte.

Il ne faut donc pas avoir peur de l’aspect l’administratif, chose que tu n’as pas à gérer en tant qu’employé. Par exemple  en tant qu’auto-entrepreneur, tu as un plafond de 72000 euros/an. Tu dois faire super attention à ne pas dépasser ce plafond. Sinon  tu devras passer à une autre structure juridique et tu seras beaucoup plus taxé.

Tom : Tu n’as aucune sécurité.

Hela : Tu peux rencontrer des difficultés de gestion administrative et financière. Tu dois également apprendre à t’auto-discipliner. Quand tu es employé, tu ne te poses pas de question, tu te lèves le matin et  tu vas au bureau. En tant que travailleur indépendant, tu dois apprendre à gérer ton temps et ce n’est pas toujours évident.

On pense que les professions libérales gagnent beaucoup d’argent alors qu’il y a énormément de frais. En tant qu’architecte j’ai parfois eu des contrats où ce que je dépensais en transport et en matériel dépassait ce que je gagnais avec mes réalisations.

ED : À ton avis, quel type de personnalité faut-il avoir pour travailler à son compte?

Tom : Il faut être proactif, indépendant avec un niveau d'expertise avancé dans son domaine.

Hela : Travailler à son compte c’est une prise de risque. Tout le monde ne peut pas se le permettre.  Il faut être suffisamment sur de soi, car avoir un patron derrière soi c’est un filet de sécurité. Tandis qu’en indépendant la responsabilité est beaucoup plus lourde. Tout le monde n’ose pas prendre ce risque, surtout les femmes qui, à mon époque, avaient tendance à préférer la sécurité.

ED : Comment fais-tu pour trouver des clients ?

Ferdinand : Je passe par une boite de portage salarial. C’est cette structure qui me contacte pour me proposer une mission. Comme cette boite sert d’intermédiaire, elle prend sa commission.

Tom : Je ne cherche pas, le bouche-à-oreille et le réseau que j’ai développé suffisent.

Hela : C’est beaucoup le bouche à oreille, personnellement je n’ai jamais cherché de clients.

Quand tu débutes, tu discutes avec des architectes expérimentés et tu ramènes ton book. Au départ ce n’est pas forcément évident car les gens ont du mal à te faire confiance. Mais une fois que tu as décroché un projet et que ça se passe bien, c’est parti ! Les clients en parlent à leurs amis, à leur réseau et ça fait effet boule de neige. Il faut avoir confiance.

ED : Comment gères-tu la tolérance au risque?

Ferdinand : La boite de portage avec laquelle je travaille m’offre une certaine sécurité.  Je facture à la boite de portage qui elle-même facture au client. Elle propose également un service d’affacturation et peut m’avancer le salaire. Mais ce service n’est évidemment pas gratuit et coûte 200 euros/mois.

Tom : Je choisis les clients pour éviter les risques de non-paiement.

Hela : Choisir une profession libérale, c’est prendre le risque de renoncer à son confort pour une forme de liberté. Lorsque tu travailles à ton compte, il y a des moments où tu n’as rien et tout d’un coup les projets s’enchaînent.  Mais moi je vis plutôt au jour le jour, j’accepte les moments de vache maigre, je me repose et fais attention à mes dépenses. Mais je profite aussi lorsque j’ai beaucoup de projets. C’est un cycle naturel qu’il faut apprendre à accepter.

prendre des risques pour plus de liberté

ED : As-tu des conseils à donner pour des personnes qui auraient envie de se lancer à leur compte?

Ferdinand : Apprendre à vivre avec les moments d’imprévisibilité. Je suis en freelance depuis près d’1 an mais cela fait seulement 6 mois que j’ai des missions régulières.

Tom : La première opportunité est suffisante pour se mettre à son compte. Les autres suivront ou il faudra aller les chercher. Mais je conseille de se lancer lorsque l’on a une expertise avancée et demandée.

Hela : Cultiver son réseau et son carnet d’adresses.

À vous de mettre ces conseils à exécution pour que votre transition vers la vie de freelance soit la meilleure possible !