Vous êtes un salarié insatisfait et vous rêvez de plus de liberté ? Et si le moment était venu de se lancer en freelance ? Cela vous inquiète ? Les risques sont bien présents, mais vous avez aussi des filets de sécurité. Cotisations et charges, aides de l’État aux travailleurs indépendants,  droit au chômage, statut...Voici cinq conseils pour se lancer dans le freelancing tout en se protégeant.

Conseil n˚1 : s'assurer d'être assez solide

Anxieux, attention ! Le freelancing a ses bons côtés, mais aussi ses challenges à surmonter. Bien sûr, la simple idée de travailler en freelance peut vous faire rêver. Vous pensez à la liberté qu’elle vous procurera, à votre emploi du temps, que vous pourrez gérer à votre guise (plus tôt le matin ou plus tard le soir, et pourquoi pas avec un ou plusieurs jours off en milieu de semaine).

Finis aussi les comptes à rendre à un boss !

Freelance les challenges qui vous attendent

challenge freelance, comment réussir à se lancer

Mais être freelance, c'est aussi être très seul, sans sécurité d'emploi. Envolés, le salaire garanti en fin de mois et les congés payés !

Par ailleurs, le terrain peut être déjà occupé, et la concurrence très rude. Vous devrez souvent faire preuve de pugnacité pour vous imposer.

Et si, malgré tous vos efforts, vous étiez contraint de jeter l'éponge, sachez que tous les travailleurs indépendants n’ont pas le droit à l’assurance-chômage.

Une bonne organisation est aussi nécessaire, il vous faudra gérer les tâches administratives comme la comptabilité, la prospection, avec le démarchage des clients, la partie promotion et communication, en passant des publicités, en animant vos réseaux sociaux professionnels…

Bref, pour être freelance, mieux vaut ne pas être trop anxieux, croire en soi, et savoir être multitâches. En deux mots, avoir les reins solides !

Conseil n˚2 : prendre en compte les charges sociales et autres frais

L'argent est le nerf de la guerre, et même si ce n'est pas votre motivation première en abandonnant le salariat pour vous lancer dans le freelancing, il va falloir en gagner un minimum pour payer votre loyer.  Et n'oubliez pas que l’intégralité de la somme que vous facturez à vos clients ne va pas se retrouver dans votre poche.

Vous devrez payer des charges sociales. Vous souhaitez les réduire au maximum ? Notre conseil : privilégiez alors le statut de micro-entrepreneur, réparti en trois catégories. Pour les micro-entrepreneurs ayant pour type d'activité « prestations de services artisanales et commerciales » et « activités libérales », le taux normal de cotisation est de 22 %. Pour l'activité « vente de marchandises » il est de 12, 8 %.

La première année, les charges peuvent être réduites dans certains cas pour les bénéficiaires de l'Acre, qui voient baisser leur taux de cotisation à 11 % de leur chiffre d'affaires pour les deux premières activités, et de 6,4 % pour la l'activité vente de marchandises (BIC). Retrouvez toutes les informations sur l'Acre sur le site economie.gouv.fr.

Freelance, les autres charges à ne pas oublier

Vous devrez aussi payer la cotisation foncière des entreprises (CFE) due par les professionnels exerçant une activité non salariée.

N'oubliez pas non plus, éventuellement, les autres frais :  l'essence de votre véhicule, la location d'un local professionnel, les factures d'électricité, la location de l'espace de coworking (si vous ne supportez pas de travailler en solo depuis chez vous), etc.

Prenez en compte tout cela lorsque vous calculerez combien facturer à vos clients. Si vos tarifs ne sont pas assez élevés, vous risquez au final, de ne même pas gagner l'équivalent d'un SMIC horaire, avec toutes les frustrations que cela engendre !

Conseil n˚3 : renseignez-vous sur les aides de l’État aux travailleurs indépendants

L’État français déploie un large éventail d'aides aux créateurs d'entreprises demandeurs d'emploi au début du projet.

Se lancer en freelance comporte des risques, mais vous avez des filets de sécurité !

les aides de l'état pour les travailleurs indépendants

Si vous traversez une période difficile au niveau des rentrées d'argent, sachez qu'en France, les travailleurs modestes (salariés comme indépendants, sous certaines conditions), ont le droit à la prime d'activité. Son calcul se fait en fonction de l’ensemble des ressources et de celles des membres du foyer (y compris les prestations de la Caf). La prime d'activité est calculée sur la base d’une déclaration trimestrielle de ressources.

Pour ceux qui ont des revenus très faibles, le RSA peut être cumulé avec la Prime d’activité.

Si vous échouez, vous pouvez avoir le droit à l'assurance-chômage (voir point suivant). Si ce n'est pas le cas, au pire, l’État vous versera ce même RSA (sous conditions),  le temps de rebondir.

Les dernières informations concernant la prolongation des droits concernant le revenu de solidarité active (RSA) sont disponibles sur le site service-public.fr.

Conseil n˚4 : connaissez vos droits à l’assurance-chômage

Bien sûr, je vous souhaite de réussir rapidement dans votre nouvelle entreprise. Mais soyons réalistes : tous les freelances ne réussissent pas à décoller. En particulier ceux qui ont un statut de micro-entrepreneur. Mais ils sont mieux protégés qu’auparavant !

Depuis 1er novembre 2019, les travailleurs indépendants peuvent en effet prétendre à l’assurance-chômage (sous conditions). Sont concernés : les travailleurs non-salariés (entrepreneurs individuels, gérants associés uniques d’EURL, gérants majoritaires de SARL…). C'est également valable pour les micro-entrepreneurs !

Retrouvez sur le site service-public.fr tout ce qu'il faut savoir sur l'assurance-chômage pour les indépendants.

Conseil n˚5 : choisir le bon statut en freelance

De là l'importance du statut. En effet, un freelance a le choix entre plusieurs statuts juridiques sous lesquels exercer. En voici quelques-uns. Trouvez plus de renseignements sur les différents statuts juridiques sur le site economie.gouv.fr.

choisir le bon statut en freelance

Entreprise individuelle (EI) et entreprise individuelle à responsabilité limitée

C'est une forme juridique souple, la plus choisie par les créateurs d’entreprise. Le freelance travaille seul et ne peut pas s'associer. Il dispose des pleins pouvoirs, avec une responsabilité civile et pénale. L’entrepreneur individuel est responsable sur l’ensemble de ses biens personnels.  Il est également possible de choisir l’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL), avec création d’un patrimoine professionnel.

Le régime de micro-entreprise (anciennement auto-entreprise) fait partie de cette catégorie. C'est le moyen le plus facile de se lancer en freelance. L’auto-entrepreneur peut exercer en tant qu’artisan, commerçant ou profession libérale. La création est très rapide du compte, et la gestion hyper simplifiée. Il suffit de déclarer ses ressources chaque trimestre. Le micro-entrepreneur bénéficie d'une protection sociale, et du droit à la formation professionnelle. Il ne doit pas dépasser un certain seuil de chiffre d'affaires. Toutes les informations indispensables sont sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr.

Être freelance avec sa société

Plusieurs formes de société sont possibles. Les plus fréquentes sont les SARL, EURL, SAS, SASU.

  • La société à responsabilité limitée (SARL)

Il s’agit d’une personne morale, avec au minimum deux associés. Cette forme juridique est la plus répandue pour les sociétés. En revanche, elle ne peut être choisie pour les professions juridiques, judiciaires ou de santé (hors pharmaciens). La SARL est indiquée lorsque le chiffre d'affaires est important, et que le freelance a des frais professionnels élevés.  

  • L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL)

Il s’agit d’une SARL qui ne comporte qu’un associé. Ces deux formes juridiques ont beaucoup de points en commun.

  • La société par actions simplifiée (SAS), la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)

Ce type de société permet beaucoup de souplesse au niveau du capital et de la transmission des actions. Elles ne peuvent être choisies pour les professions juridiques, judiciaires ou de santé. Il faut au moins un associé (personne physique ou morale). Quand il est unique il s’agit d’une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)

Être freelance en portage salarial

À mi-chemin entre le salariat et l’entrepreneuriat, le portage salarial est une autre option pour ceux qui souhaitent exercer en freelance, plutôt destiné aux cadres seniors, aux formateurs, aux consultants.

Cette relation tripartite inclut le consultant indépendant (appelé salarié porté) ; une entreprise cliente (qui peut être également une collectivité territoriale ou une association) et une entreprise de portage salarial.

L’indépendant cherche et négocie lui-même des missions auprès d’entreprises clientes. L’entreprise de portage salarial signe ensuite un contrat de travail (en CDI ou en CDD) avec lui, qui le fait devenir salarié et bénéficier de la protection sociale de ce statut.

En contrepartie, il verse une partie de son chiffre d’affaires à l’entreprise de portage sous la forme de frais de gestion (rémunération de l’entreprise de portage). La société de portage salarial s’occupe également de la facturation de la mission auprès de l’entreprise cliente et gère la partie administrative.

Prêts à sauter le pas pour abandonner le salariat et vous lancer dans la grande aventure de l'entrepreneuriat en freelance ?  En tirant les bonnes ficelles pouvez bénéficier d'aides non négligeables pour que 2021 soit pour vous l'année de tous les défis !