Hyperconnexion

Le numérique est aujourd’hui incontournable dans nos vies. Ordinateurs, smartphones, tablettes, mails, réseaux sociaux et autres applications font partie intégrante de notre quotidien – privé comme professionnel – et nous leur accordons jusqu’à la moitié de notre temps. Pour le meilleur et pour le pire. Bienvenue dans l’ère de l’hyperconnexion ! Quelques chiffres clés (focus France) pour mieux comprendre le phénomène…

[Dernière mise à jour des données : décembre 2016]

 

Le Cri de Munch_Smartphone (Page Hyperconnexion)
Parodie du Cri de Munch par Kim Dong-kyu

Coté privé

1 internaute sur 2 ne peut pas “se passer 3 jours d’Internet sans que ça lui manque” (contre 41% des internautes en 2011).
(Etude du CREDOC – 2016)

16% des Français consultent leur smartphone dans les 5 minutes suivant leur réveil (jusqu’à 35% chez les 18-24 ans), 42% dans les 30 premières minutes, 59% dans l’heure.
(Etude de Deloitte – 2015)

Un Français passe presque 6 heures par jour sur Internet :
– 4,8 heures depuis un ordinateur
– 2,1 heures depuis un appareil mobile
(Etude monde de We Are Social – 2015)

Les Français passent l’équivalent de 99 jours par an sur leurs mails.
(Etude d’Adobe – 2016)

65% des Français ont déjà utilisé au moins une fois leur smartphone au restaurant, en famille ou entre amis, et 7 % le font toujours ou très souvent. De même, pendant une discussion en famille, 35% des Français utilisent leur smartphone de manière occasionnelle ou systématique.
(Etude de l’Observatoire Deloitte – 2015)

Près de 4 Français sur 10 utilisent leur ordinateur, tablette ou smartphone le soir dans leur lit.
(Enquête INSV-MGEN par Opinion Way – 2016)

50% des Français dorment avec leur smartphone allumé à proximité. Parmi ceux qui sont réveillés par un message, 92% assurent le consulter “toujours (ou presque), souvent ou parfois” et 79% disent “répondre aux messages dès réception”.
(Enquête INSV-MGEN par Opinion Way – 2016)

80% des Français se connectent à Internet pendant leurs vacances (83% pour les moins de 40 ans).
19% seulement cherchent à se déconnecter au maximum pendant leurs voyages, en éteignant leur téléphone et en coupant leurs emails.
(Etude Next Content pour Liligo – 2016)

91% des Français utilisent leur smartphone pour faire passer le temps quand ils s’ennuient.
(Baromobile OMG/SFR Régie – 2015)

Les 18-34 ans consultent leur smartphone jusqu’à 100 fois par jour, à raison d’une fois toutes les 10 minutes (généralement pendant moins de 30 secondes).
(Etude de l’Institut Omnibus pour l’éditeur Kana Software – 2014)

57% des Français se disent incapables de passer 1 heure sans consulter leur smartphone.
(Etude IFOP – 2013)

62,9% des Français ont le sentiment d’utiliser les technologies numériques “beaucoup ou trop”.
(Etude “Unplugged” d’Havas Media – 2013)

38% des Français se disent dépendants de leur smartphone, 29% sont angoissés s’ils ne l’ont pas avec eux.
(Etude BVA, Digital Society Forum et Psychologies Magazine – 2016)

Etude Opinion Way "Les Français et les technologies au quotidien" (Page Hyperconnexion)

Jean Jullien_Emails (Page Hyperconnexion)
Illustration de Jean Jullien

Côté professionnel

59% des Français considèrent que les Technologies de l’Information et de Communication (TIC) contribuent à “rendre leur vie professionnelle plus stressante”.
(Etude DONETIC pour le CNRS – 2014)

1 salarié Français sur 2 souhaite que son entreprise fasse plus d’efforts dans le domaine des nouveaux modes d’organisation du travail.
(Baromètre Edenred-Ipsos – 2015)

7 salariés Français sur 10 affirment être sollicités par leur entreprise en dehors du bureau (Enquête Edenred-Ipsos – 2014). D’ailleurs, seul 1 actif sur 5 (22%) considère que son entreprise intervient pour limiter les usages des outils numériques hors temps de travail (Enquête Eleas “Pratiques numériques” – 2016).

80% des cadres Français se connectent sur leur temps de loisirs pour s’assurer qu’il n’y a pas de problème en leur absence, 63% le font pour éviter d’être débordées à leur retour.
(Etude IFOP pour Securex – 2016)

Un cadre moyen reçoit aujourd’hui un volume d’informations 10 fois supérieur à ce qu’il recevait il y a 15 ans et produit environ 10% de données de plus chaque année…
Ainsi, presque 1 salarié Français sur 2 serait victime de surcharge informationnelle (= Infobésité).
(Etude OnePoll pour Mindjet – 2012)

En entreprise, chaque collaborateur reçoit en moyenne 88 mails et en envoie 34 par jour (Lu dans le magazine NEON – 2016). Selon certains chercheurs, la seule gestion des mails représenterait jusqu’à 30% de la journée des salariés (Documentaire Arté “Hyperconnectés : le cerveau en surcharge” – 2016).

“Le mail est le premier responsable du stress au bureau. Plus les gens y passent du temps, plus ils sont stressés. Egalement, plus ils passent du temps à envoyer des mails, plus leur productivité baisse (d’après témoignages). Et ce quelque soit les caractéristiques du métier ou le niveau hiérarchique.”
(Selon le Professeur Gloria Mark (chercheuse en psychologie, elle s’intéresse aux interactions entre les humains et les ordinateurs) – 2016)

En moyenne, un cadre Français est interrompu toutes les 7 minutes dans son travail par le numérique (Etude de Roambi et Zebaz – 2013) et il lui faut jusqu’à 25 minutes pour se reconcentrer après une interruption. (Professeur Gloria Mark dans Research – 2013)

9 travailleurs Français sur 10 consultent leurs mails personnels au travail. Inversement, 78% consultent leurs mails professionnels en dehors des heures de travail. A noter aussi que 64% consultent leurs e-mails en vacances, 62% devant la TV et 42% dans leur lit.
(Etude d’Adobe – 2016)

1 cadre Français sur 2 consulte régulièrement ses mails au lit.
(Etude de Roambi et Zebaz – 2013)

“Multitasking : un mot inventé pour décrire ce que font les ordinateurs.”
(David Strayer, Director of the applied cognition lab at the University of Utah – 2012)

Un multitasker peut en réalité perdre jusqu’à 40% de son temps de productivité à cause du temps nécessaire au cerveau pour “switcher” entre les tâches ! (Etude conduite par Joshua Rubinstein, Ph.D., David Meyer et Jeffrey Evans – 2001) et faire jusqu’à 50% d’erreurs en plus dans son travail ! (John Medina dans Brain Rules – 2008)

82% des cadres Français jugent l'hyperconnexion comme négative/anxiogène. Pour 48% des répondants, l’accès permanent aux communications professionnelles est perçu comme une source de stress.

(Etude IFOP pour Securex - 2016)


1/3 des cadres Français se déconnectent rarement, voire jamais en dehors de leur temps de travail. 63% déclarent que cela perturbe leur vie privée et 60% que cela affecte négativement leur qualité de vie.
(Enquête APEC-CREDOC - 2014)


62% des salariés Français expriment une forte attente quand à la régulation de l'utilisation des outils numériques. Ils sont encore plus nombreux à réclamer une régulation parmi les cadres (75%) et les jeunes âgés de 15-24 ans (76%).

(Enquête Eleas "Pratiques numériques en 2016")


Etude Eleas "Pratiques numériques en 2016" (Page Hyperconnexion)
Etude Eleas “Pratiques numériques en 2016”

Rappel - Le droit à la déconnexion

A compter du 1er janvier 2017, les entreprises dotées d’un délégué syndical devront inclure le droit à la déconnexion des salariés dans la négociation annuelle obligatoire sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail.


Cette discussion portera sur les modalités « du plein exercice » de ce droit par le salarié et sur la mise en place, par l’entreprise, de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, afin d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale.


En pratique : l’accord collectif pourra notamment consacrer le droit pour le salarié de ne pas répondre aux sollicitations en dehors de son temps de travail, conduire à la mise en place de modules applicatifs de déconnexion ou encore prévoir la mise en veille des serveurs de messagerie pendant le week-end.


À défaut d’accord, l’employeur élaborera une charte, après avis du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel. Une charte qui définira les modalités d’exercice de ce droit et prévoira la mise en œuvre, pour les salariés et le personnel d’encadrement et de direction, d’actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques.


Rappel : les accords collectifs, d’entreprise ou de branche, autorisant le recours aux forfaits jours conclus depuis le 10 août dernier doivent fixer les modalités selon lesquelles le salarié peut exercer son droit à la déconnexion.


(Source : Les Echos Entrepreneurs)



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